Grand Pic de la Lauzière (2762m) 16 août 2009
Départ : la valette: arrivée Grand pic de la Lauzière, par la combe de la valette. Original non?





depuis le sommet :

de l'autre côté : les écrins, grandes rousses et belledonne.
Plus près: le bigadin noir et le col de la madeleine de Proust,
encore plus près : l'autre morceau de la lauzière : la tour de la flachère, la louche percée, le gros villan.

retour : ce qu'il reste du glacier de Cellier et les aiguilles de balme


Vue sur le Beaufortain et la vanoise, vaguement dans le fond.
la rame au vieux :
- Dites moi caporal, la Lauzière… n’est-ce point là qu’on y trouve des lauzes ?
- Pour sûr, mon capitaine. Vous êtes vraiment le plus fort !
- On le dit, en effet.
Quoiqu’en pense le capitaine, la Lauzière fut en réalité baptisée ainsi dans les circonstances qui suivent et qui impliquent un groupe de mélomanes ayant accompli l’ascension du grand pic le 14 juillet 1875. En voyage d’agrément en Tarentaise, ils avaient assistés la veille, dans la grande salle de l’opéra de Notre Dame de Briançon (qui n’est pas à Briançon mais à Notre Dame de Briançon en Tarentaise) à une représentation de plusieurs œuvres puissantes d’Edouard Lalo.
Rescapés et bien marris de la défaite de 1870 contre les prussiens, ils entonnèrent pendant toute la progression sur le glacier de Cellier, en souvenir de leurs camarades et pour se donner du courage, la Marseillaise. Comme on le sait, l’air, les paroles et le rythme de l’hymne national ont les meilleures vertus énergétiques et tonifiantes qui soit lors des virils efforts physiques que doivent accomplir les alpinistes conquérants des hautes cimes des Alpes. Ces dispositions revigorantes du chant patriotique sont d’autant mieux vérifiées lorsque l’on prend soin de bien prononcer les liaisons qui enrichissent de si belle manière la langue de Molière : allonz’enfants de la paatrihiheu…
Parvenuz’au sommet du pic, les membres du groupe furent subjugués par la grande beauté du panorama s’offrant à eux. L’un d’eux tout à son émotion, la tête encore raisonnante des lieder de Lalo et
enivré des liaisons de l’hymne national qui les avait si bien porté sur le point culminant du massif, s’écria « ah ! Lalo z’hier… ». Cette exclamation resta dans les mémoires comme
la manifestation des émois spontanés que peuvent provoquer de l’alliance de la musique et des beautés sauvages de la montagne. Elle se répandit dans les vallées de Maurienne et de la
Tarentaise pour donner son nom au massif de Lalo z’hier.
A dimanche
